Une innovation approuvée
La célébration de la naissance (Mawlid) du Prophète compte parmi les bonnes innovations. Cette pratique n'existait pas à l'époque du Prophète ni à l'époque qui l'a suivie. Elle a été innovée au début du 7ème siècle de l'hégire. Le roi de 'Irbil a été le premier à la pratiquer. Il était savant, pieux, courageux et il est surnommé Al-Moudhaffar. Il a réuni beaucoup de savants pour fêter le Mawlid, parmi lesquels il y avait des gens du Hadith et des soufis véridiques. Tous les savants musulmans l'ont approuvé. Il y a parmi eux le Hafidh 'Ahmad Ibnou Hajar Al-^Asqalaniyy et son élève le Hafidh As-Sakhawiyy ainsi que le Hafidh As-Souyoutiyy et d'autres encore.
Dans sa lettre appelée Housnou l-maqsad fi ^amali l-Mawlid (la beauté de ce qu’on recherche dans l'accomplissement du Mawlid), le Hafidh As-Souyoutiyy écrit : « Le premier à l'innover fut le gouverneur de 'Irbil, le roi Al-Moudhaffar Abou Sa^id Koukabri Ibnou Zayni d-Din ^Aliyy Ibnou Baktakin qui était l'un des rois glorieux et des grands généreux et il a laissé de bonnes traces ; c'est lui qui avait édifié la mosquée Al-Moudhaffariyy au pied de la montagne de Qasiyoun. »
Ibnou Kathir et d’autres savants louent l’auteur d’un ouvrage pour cette occasion
Ibnou Kathir a dit dans son livre d'histoire [Al-Bidayah wa n-Nihayah, 3/136]: « Il organisait [le roi Al-Moudhaffar] le Mawlid honoré au mois de Rabi^ou l-'Awwal et le fêtait par de grandioses festivités. Il était généreux et bienfaisant, courageux, brave, sage, savant et juste.
Il a dit : le chaykh Abou l-Khattab Ibnou Dahyah a composé pour lui un livre sur la naissance du Prophète qu'il a intitulé : At-tanwir fi mawlidi l-Bachiri n-Nadhir (L’éclaircissement dans la commémoration de la naissance de l’annonciateur et avertisseur). Il l'en a récompensé de 1000 dinars. L'époque de son règne s'est prolongée jusqu'à ce qu'il meurt alors qu'il assiégeait des croisés dans la ville de ^Akka en l'an 630 et il était alors louable de conduite et de fond de cœur. »
De même, Ibnou Khillikan [Wafiyatou l-'A^yan, 3/449] a dit dans la biographie du Hafidh Ibnou Dahyah : « Il faisait partie des notables, des savants et des plus réputés des gens qui ont un mérite. Il est venu du Maghreb et il est entré au pays du Cham et de l'Irak. Il est passé par 'Irbil en l'an 604, il a trouvé son roi glorieux Moudhaffirou d-Din Ibnou Zayni d-Din attachant une attention particulière au Mawlid du Prophète. Il a écrit pour lui le livre At-Tanwir fi Mawlidi l-Bachiri n-Nadhir et il le lui a récité personnellement. Le roi l'a récompensé de 1000 dinars[1] ».
De plus, un descendant de Ibnou l-Jawziyy cite dans Mir'atou z-Zaman [Al-Hawi li l-Fatawa, 1/190] que les notables parmi les savants et les soufis assistaient à la fête chez lui à l'occasion du Mawlid.
A retenir :
C’est le roi de ‘Irbil qui a innové la pratique du Mawlid.
Les savants renommés contemporains et postérieurs au roi l’ont approuvé.
De nos jours cette pratique perdure puisqu’elle ne comporte rien qui contredit notre religion.
[1] Auparavant, il y avait comme monnaie, dans les pays musulmans, le « Dinar » (une pièce en or), le « Dirham » (une pièce en argent) et le « fils » (une pièce en cuivre). Les mots Dinar et Dirham sont devenus les noms des monnaies officielles de certains pays musulmans par contre le mot fils, dont le pluriel est foulous, s’est répandu puisque c’était la monnaie des pauvres.



















