Le Prophète Mouhammad

Les hadiths ne se contredisent pas

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La compréhension complète et totale des textes (hadiths, versets) doit régulièrement passer par une juxtaposition de l’ensemble des textes concernant un même sujet. On comprend donc par là qu’une lecture littérale des textes n’est pas toujours suffisante. Les paroles prophétiques ne se contredisant pas, et ne contredisant pas le Qour’an, il se peut qu’un hadith ait besoin d’être expliqué à la lumière d’autres textes pour que l’interprétation ne mène pas à une contradiction et respecter la concordance des textes. C’est ainsi que les savants ont démontré le caractère permis de certaines innovations.

Une innovation qui n’est pas contraire à l’Islam est une bonne innovation

Si une personne dit « N’est-ce pas que le Messager a dit ce qui a été rapporté par Abou Dawoud :

وإيّاكم و محدثات الأمور فإن كل محدثة بدعة و كل بدعة ضلالة

 

(wa ‘iyyakoum wa mouhdathati l’oumour ; fa’inna koulla mouhdathatin bid^ah ; wa koulla bid^atin Dalalah) qui signifie : "Méfiez vous de ce qui est innové ! Certes, toute innovation est une bid^ah et toute bid^ah est une déviation." »

 

La réponse est que les termes de ce hadith montrent une généralité alors que son sens est restreint par la preuve du hadith suivant :

من أحدث في أمرنا هذا ما ليس منه فهو رد

(man ‘ahdatha fi ‘amrina hadha ma layça minhou fahouwa radd) qui signifie : « Celui qui innove dans notre religion une chose qui n’y est pas conforme, cela est rejeté. »

Le Prophète nous fait comprendre par ce hadith que l’innovation n’est rejetée que si elle est contraire à la religion. En revanche, si elle ne contredit pas la religion, elle n’est pas rejetée.

Un raisonnement justifié, à la hauteur des savants clairvoyants

Le hadith rapporté par Mouslim confirme ce sens. En effet, le Prophète a dit :

من سنّ في الإسلام سنة حسنة فله أجرها  و أجر من عمل بها بعده من غير أن ينقص من أجورهم شيء، و من سنّ في الإسلام سنة سيئة كان عليه وزرها و وزر من عمل بها من بعده من غير أن ينقص من أوزارهم شيء

(man sanna fi l-'islami sounnatan haçanatan falahou ‘ajrouha wa ‘ajrou man ^amila biha ba^dahou min ghayri ‘an yanqousa min ‘oujourihim chay’, wa man sanna fi l-‘islami sounnatan sayyi’atan kana ^alayhi wizrouha wa wizrou man ^amila biha min ba^dihi min ghayri ‘an yanqousa min ‘awzarihim chay’) ce qui signifie : « Si quelqu’un instaure dans l'Islam une bonne tradition (sounnah haçanah), il en aura la récompense et aura une récompense chaque fois que les gens la referont après lui sans que rien ne soit diminué de leurs récompenses. Mais si quelqu’un instaure dans l'Islam une mauvaise tradition (sounnah sayyi’ah), il se chargera de son péché et sera chargé d’un péché chaque fois que des gens la referont après lui sans que rien ne soit diminué de leurs péchés. » 

An-Nawawiyy a dit dans son commentaire du Sahih de Mouslim que le terme "koullou" du premier hadith est un terme général mais dont le sens est restreint.

Le mot "koull" (tout), un terme général au sens restreint

Pour expliciter cela, prenons l’exemple dans le Qour’an de l’histoire du peuple de ^Ad qui a été anéanti par le vent. Dans les versets 24-25 de sourat al-‘Ahqaf, le terme "koull" est employé dans le même sens que dans le hadith précédemment cité qui signifie : « …toute innovation est une bid^ah et toute bid^ah est une déviation. » Dieu dit :

ريح فيها عذاب أليم تدمر كلّ شيء بأمر ربّـها فأصبحوا لا يُرى إلاّ مساكنهم  

(Rihoun fiha ^adhaboun ‘alim toudammirou koulla chay’in bi’amri Rabbiha fa’asbahou la youra ‘il-la masakinouhoum). Le sens est : « C’est un vent qui contient un châtiment douloureux qui détruit tout par ordre de Son Seigneur puis le lendemain, on ne voyait plus que leurs demeures. » [al-‘Ahqaf/24-25]

Il est évident que ce vent n’a pas tout détruit c'est-à-dire la totalité des choses puisque leurs demeures ont été épargnées.

Ainsi, le terme "koull" (tout) du verset est général mais son sens est restreint. Il en est de même concernant le terme "koull" du premier hadith dont le sens est restreint par le second ("ma layça minhou" c'est-à-dire ce qui n’y est pas conforme).

C’est donc toute innovation qui est en contradiction avec la religion qui est rejetée, et non pas toute innovation dans l’absolu.


A retenir :


  Les dires du Prophète ne se contredisent pas, de même les versets ne se contredisent pas. Les savants ont donc justifié leurs avis dans la science de la religion en juxtaposant hadiths et versets pour comprendre leurs sens et rester dans la réalité des textes.

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